Boire une bière après le sport

Boire une bière après le sport, est-ce une bonne ou une mauvaise idée ?

La bière permet-elle vraiment d’étancher la soif, après un effort physique ? Quelles conséquences pour l’organisme, si l’on décide de boire (avec modération) une mousse après le sport ? Des scientifiques se sont penchés sur la question, moins anodine qu’il n’y paraît.


Après l’effort, le réconfort… Envie de boire une bière fraîche après un jogging ? Certains s’imaginent que cela permet d’étancher la soif et de se détendre, pendant que les muscles se remettent lentement de la dépense physique… D’autres vont même jusqu’à soutenir que boire de la bière (avec modération) ne serait pas si mauvais pour l’organisme, se disant qu’une bonne mousse, ce n’est jamais que des céréales fermentées et de l’eau… Des scientifiques se sont penchés sur la question, moins anodine qu’il n’y paraît. L’Université Northwestern de Chicago, aux États-Unis, a mené en 2014 une enquête sur les liens entre consommation d’alcool et activité physique.

D’après les chercheurs, peu importe l’âge, la situation professionnelle ou le niveau d’activité physique : ils ont constaté que nous avons tendance à boire plus d’alcool les jours où nous faisons du sport. Or consommer une boisson alcoolisée après un effort sportif, ce n’est pas une bonne idée. Cela pourrait annihiler une partie des bénéfices induits par l’effort, voire être nocif à la santé.


L’alcool est néfaste à la construction musculaire

À court terme, faire du sport endommage les muscles. Eh oui ! Le corps souffre pendant l’effort et il lui faut donc augmenter ses capacités, qui ne sont de toute évidence pas assez développées : il envoie donc le signal qu’il faut « fabriquer » davantage de muscles. C’est ainsi que l’on développe peu à peu sa masse musculaire et c’est pour cela que la phase de récupération est très importante.

Seulement voilà : l’alcool fait baisser la capacité des muscles à utiliser le glucose et les acides aminés, tous deux essentiels pour construire de nouvelles fibres musculaires et des vaisseaux sanguins. Une fois consommé, l’alcool réduit l’activité et le stockage de sels minéraux importants (sodiums, potassium, calcium, magnésium) dans l’organisme. À plus long terme, l’alcool perturbe en partie la production d’hormones, dont la testostérone – qui aide au développement des muscles.

L’alcool déshydrate

Et puis l’alcool déshydrate. Quand on a beaucoup transpiré, il est important de bien se réhydrater. Boire une bière, même à faible degré d’alcool, n’est pas un choix très judicieux : la bière est particulièrement diurétique (elle augmente la production urinaire).

Impact positif de la bière sans alcool

Cependant, il y a bien une part de vérité dans le mythe « la bière, c’est bon après le sport » : des chercheurs de l’Université technique de Munich, en Allemagne, ont mené une enquête sur 277 marathoniens en 2009, en leur faisant boire – ou pas – de la bière blanche sans alcool. Ils ont découvert que la consommation de celle-ci avait un impact positif sur la santé post-marathon des sportifs.

Courir un marathon est un vrai défi pour le corps humain et porte un coup au système immunitaire. L’athlète est donc plus sujet à des infections respiratoires et à d’autres infections mineures. La bière blanche non alcoolisée contient beaucoup de polyphénols, des molécules antioxydantes. Selon les travaux des chercheurs allemands, le risque d’infections a été trois fois moindre chez les coureurs qui avaient consommé 1,5 litre de bière blanche sans alcool chaque jour pendant trois semaines avant et deux semaines après l’épreuve. Leurs inflammations étaient également moindres de 20 % par rapport au groupe test.


8 juin 2022, les articles de presse rassemblés et relayés par Patrice LEVANNIER



12 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout