La pénurie de bière au Royaume-Uni

Déconfinement : après la réouverture des pubs, la pénurie de bière menace le Royaume-Uni

Heineken a limité les livraison à trois fûts par établissement et Budweiser a augmenté ses cadences. Malgré la vague de froid depuis quelques jours, les terrasses ne désemplissent pas.

God damned ! Trois semaines après la réouverture des pubs dotés de terrasses, les Anglais seraient au bord de la pénurie de bière. Bien que seuls 15 000 des 37 500 pubs du Royaume-Uni aient suffisamment d’espace extérieur pour leur permettre de rouvrir depuis que les restrictions ont été assouplies, les réserves stockées pendant le long confinement des bars sont presque écoulées.

La semaine du 12 avril, jour de réouverture des pubs en Angleterre, les ventes ont explosé : 12 % de plus que la même semaine d’avril 2019, avant la pandémie, selon Oxford Market Watch. La météo était, il est vrai, paradisiaque. En Ecosse et au Pays de Galles, il a fallu attendre deux semaines de plus pour sacrifier au plaisir d’une pinte partagée, à partir du 26 avril. Malgré la pluie et le froid, les terrasses ont été aussitôt prises d’assaut, qui sous un parapluie, qui emmitouflé dans une couverture.


« Nos prévisions ont été dépassées et les fournisseurs ne sont pas en mesure de réagir assez rapidement pour suivre » la demande, expliquait samedi au Financial Times Phil Urban, PDG de Mitchells & Butlers, le plus important groupe de pubs du pays. « Les fournisseurs ne sont pas en mesure d’agir assez rapidement pour suivre le rythme », reconnaissait-il. Les établissements seraient particulièrement ric-rac pour les bières artisanales et les blondes haut de gamme, car les clients, sevrés trop longtemps de leur rituel, consomment des bières de prix.

« Nos brasseries fonctionnent 24 heures sur 24 »


« Les ventes ont été trois fois supérieures à nos attentes, personne ne s’attendait à cela… Il y a aujourd’hui un moment d’euphorie, et nous pensons que celui-ci pourrait durer jusqu’à ce que les restrictions soient complètement levées », enchérissait dans le même article Jean-David Thumelaire, directeur des ventes pour le Royaume-Uni et l’Irlande au sein de Budweiser. La marque américaine, qui brasse Stella Artois et Camden Hells, a augmenté sa production pour répondre à la demande. « Nos trois brasseries britanniques fonctionnent 24 heures sur 24, et nous travaillons dur pour garantir que la demande des pubs puisse être satisfaite », ajoutait-il.

De son côté, Heineken, qui brasse les Amstel et Birra Moretti, a dû limiter ses approvisionnements à trois barils par pub. « La demande de pintes premium continue de surpasser nos prévisions les plus optimistes. Bien que seulement 40 % des pubs puissent ouvrir des espaces extérieurs, nous connaissons des niveaux de ventes similaires à ceux d’un mois d’avril normal, lorsque tous les établissements sont ouverts », a fait savoir un porte-parole de la marque néerlandaise. « Toutes nos brasseries travaillent d’arrache-pied », a ajouté ce porte-parole, assurant espérer importer au Royaume-Uni les fûts fabriqués ailleurs en Europe.

Sachant qu’il faut environ quatre mois pour travailler l’orge ou le malt et faire fermenter les breuvages, toutes les brasseries d’Europe anticipent la réouverture des cafés, annoncée pour le 8 mai en Belgique, le 19 mai pour les terrasses françaises.

Cette ruée dans les pubs ne se vérifie cependant pas dans les autres commerces, qui ont aussi rouvert les 12 et 26 avril au Royaume-Uni. La semaine du 26 avril, les ventes ont chuté de 2 % dans les commerces de détail, sans doute à cause de la vague de froid.


5 mai 2021, l'articles de presse rassemblés et relayés par Patrice LEVANNIER



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