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Météor, la saga familiale de la bière artisanale

La doyenne des brasseries artisanales françaises indépendantes perpétue un savoir-faire ancestral tout en innovant au coeur de l’Alsace.


Iconique dans l’Est de la France, cette brasserie, située à quelques kilomètres de Strasbourg, une terre de bières par excellence, est née en 1640 à Hochfelden, au milieu des champs de houblon. Installées dans le Bas-Rhin depuis presque quatre siècles, des générations de brasseurs se sont transmis ce savoir-faire unique. Baptisée Meteor en 1925, elle a résisté aux assauts du temps et de la concurrence, faisant d’elle le dernier des Mohicans dans une région qui a vu au XXème siècle les brasseurs indépendants jeter l’éponge ou se faire croquer par des plus gros.


Brassage et union

Les prémices de cette saga démarrent avec Jean Klein qui installe au XVIIe siècle sa brasserie sur l’actuel site Meteor. Durant des décennies, la brasserie s’épanouit, jusqu’en 1844, année où Martin Metzger, jeune brasseur de Strasbourg, s’y établit avec son épouse. Il agrandit et modernise les lieux, puis son fils, Alfred, lui donne un nouvel essor. En 1898, l’union de sa fille unique, Louise, avec Louis Haag, fils aîné d’une lignée de brasseurs installée à Ingwiller, pose la première pierre de l’édifice de la Brasserie Metzger-Haag.

Forte pression

C’est le temps des grandes métamorphoses et en 1925, passionné d’astronomie, il rebaptise sa brasserie "Meteor". Deux ans plus tard, de retour d’un voyage en Tchécoslovaquie, où les bières de type Pilsner sont légion, Louis élabore la légendaire "Meteor Pils", une recette au houblon Tchèque "Saaz", auquel il ajoute un houblon alsacien. Une première en France et une bière auréolée de plusieurs médailles d’or. Fin des années 60, le marché décline, les brasseries disparaissent une à une. Mais grâce à la ténacité de Michel Haag, le père d’Edouard, l’actuel dirigeant, Meteor résiste et conserve son indépendance.

Meteor, une brasserie eco-responsable

Meteor dispose de sa propre station d’épuration d’eau dont elle a réduit sa consommation, passant de 15 litres d’eau par litre de bière produite en 2000 à 4,5 litres. En 2019, elle participe à la création du réseau "Alsace consigne". Les bouteilles rapportées par les consommateurs peuvent être réutilisées 20 fois.

Meteor a son restaurant

En 2019, en plein coeur de Strasbourg, ouvre le restaurant Le Meteor : 550 places assises et un comptoir de 12 mètres de long. Un lieu dédié à la bière dans un décor industriel de brasserie à l’ancienne. On y déguste les créations Meteor en accord avec des recettes alsaciennes. Ouvert 7j/7 de 7h à 1h.

La villa Meteor

En 2017, la famille Haag ouvre les portes d’une partie de sa maison transformée en musée. Elle fait vivre aux visiteurs une expérience ludique autour de la fabrication de la bière et de l’histoire de Meteor. Réouverture: le 15 février.

Nouveautés

Lancement de la Meteor Triple à 8% d’alcool, une bière de dégustation en fûts proposée dans le circuit C.H.R (café-hôtel-restaurant) et bientôt en bouteilles.

Meteor se met au vert

Parmi les innovations de la 8ème génération à la tête de l’entreprise, une bière bio très aromatique avec des notes d’épices et de fruits rouges. Quant à la légendaire Meteor Pills, elle devrait prochainement avoir sa version bio.

Sauvegarder le savoir-faire et innover

Trois questions à Edouard Haag, directeur général, 8ème génération de la famille.

Etiez-vous programmé pour reprendre la brasserie familiale ?

J’ai toujours baigné là-dedans, donc cela ça fait de façon naturelle mais ce n’était pas tout à fait une évidence. J’ai pas mal voyagé pendant mes études. Diplômé de Sup de Co Paris, j’ai créé une start-up spécialisée dans la numérisation de photos et de films. En 2014, je suis revenu en Alsace où j’ai rejoint l’entreprise. Je suis passé par différents postes avant de prendre la direction, en 2021.

Dans quel état avez-vous trouvé l’entreprise ?

Plutôt bonne. Mon père s’est battu pour rester indépendant, sauvegarder les 200 emplois et le savoir-faire. Il a réussi le tour de force de résister aux offres de rachat des gros groupes brassicoles tout en étant sur un marché en pleine décroissance. Depuis les années 70, les Français buvaient de moins en moins de bières et l’entreprise s’est développée en innovant et en proposant de nouvelles recettes. En 2014, on avait pas mal d’interrogations sur le marché de la bière et sur notre avenir et en même temps, nous avions confiance.

Comment faites-vous pour rester dans le coup ?

Depuis 2014, nous avons capitalisé sur l’image de Meteor, en communiquant et en proposant de nouvelles bières. Aujourd’hui, nous en récoltons les fruits. Nous sommes dans une bonne phase, nous avons pris le virage de la multiplication des recettes au bon moment. Les consommateurs sont aujourd’hui beaucoup plus intéressés par la bière qu’il y a 10 ans. Nous proposons une quinzaine de références permanentes et deux recettes éphémères. La bière, c’est un peu comme la cuisine : il y a une infinité de recettes possibles. Nous nous amusons donc beaucoup avec la partie innovation.


09/02/2023, les articles de presse rassemblés et relayés par Patrice LEVANNIER




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