Brasaf, la 4e brasserie du Cameroun

Brasaf, la 4e brasserie du Cameroun, va débarquer sur le marché avec la bière dans des emballages en plastique

Le marché brassicole au Cameroun devrait davantage s’animer dès le début de l’année 2021. Selon nos sources, la société dénommée Brasseries Samuel Foyou (Brasaf), unité agro-industrielle que monte depuis quelques années le milliardaire du même nom dans la banlieue de Douala, la capitale économique du Cameroun, se prépare à lancer ses activités.

La nouvelle unité brassicole, apprend-on, a sérieusement pensé à profiter de l’effervescence pendant les fêtes de fin d’année pour débarquer sur le marché, dans un premier temps, avant de se raviser, en raison des derniers réglages à effectuer, notamment en ce qui concerne l’approvisionnement en matières premières et la production de la bière.

En effet, de source proche du dossier, l’unité brassicole de Samuel Foyou, déjà propriétaire d’une distillerie (Fermencam) et bien d’autres entreprises (Plasticam, Moore Paragon, Sotrasel, Unalor, etc.) rachetées pour la plupart au défunt milliardaire Victor Fotso, entend apporter une innovation majeure dans l’emballage de la bière en Afrique. En lieu et place des bouteilles de verre ou des canettes, Brasaf devrait emballer ses produits dans une sorte de plastique (PET) adapté aux besoins de la cause.

L’unité brassicole camerounaise s’inscrit ainsi dans la lignée des géants tels que Heineken. En effet, dans un article publié en mars 2000 et intitulé « la bière fait son entrée dans le plastique, les brasseurs attirés par des bouteilles high-tech qui n’altèrent pas la boisson », le journal français Libération révèle que « Heineken (…) vient de sortir un conditionnement plastique pour sa 33 Export et son panaché ». « Aujourd’hui, le PET, antichoc, refermable, recyclable, pèse moins lourd que le verre, et coûte sensiblement le même prix lorsque les bouteilles dépassent les 50 centilitres », précisait dans la même publication Nathalie Fayard, chef de groupe chez Heineken à l’époque.

Prix compétitifs

Toutes ces caractéristiques devraient se retrouver chez Brasaf. En effet, selon nos sources, les PET de cette entreprise, pour le conditionnement aussi bien de la bière que des boissons gazeuses, auront une contenance d’un litre. L’opérateur économique aurait même investi dans une unité de recyclage interne, pour être tout à fait en règle avec la loi imposant aux entreprises produisant des emballages en plastique de prendre toutes les dispositions pour les collecter et recycler.

Mais, la question fondamentale que pose l’innovation que Brasaf entend apporter dans le conditionnement de la bière est de savoir si le plastique, déjà expérimenté comme emballage des bières dans des pays occidentaux au climat tempéré, peut permettre au produit de conserver sa saveur dans des pays tropicaux comme le Cameroun. À cette question, un expert répond par l’affirmative, mais précise que dans ce cas, « les stocks devraient être écoulés à un rythme rapide », eu égard à la durée de vie des PET.

Fort de cette exigence, apprend-on, Brasaf, qui a accusé environ 2 ans de retard dans la livraison de son usine, se prépare à pénétrer le marché camerounais avec des prix aux consommateurs hautement compétitifs. Question de pouvoir rapidement écouler ses stocks, et surtout se faire une place aux côtés des mastodontes tels que le groupe SABC (Castel), leader du marché, Guinness Cameroun (Diageo), ou encore l’Union camerounaise des brasseries (UCB), le petit poucet du marché local.


27 novembre 2020, articles de presse rassemblés et relayés par Patrice LEVANNIER


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